[NEWSLETTER #3] Énergie et carbone, un pas de plus vers la prise en compte des usages - Reciprocité

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[NEWSLETTER #3] Énergie et carbone, un pas de plus vers la prise en compte des usages

 

Article rédigé par Mehdi.

 

 

À la fin de l’année entrera en vigueur une nouvelle norme de réglementation thermique, la RT 2020, qui renforce les exigences énergétiques des programmes immobiliers neufs. Nourrie par les retours d’expérience du label « Énergie + Carbone – », testé sur la base du volontariat au cours des dernières années, la RT 2020 affiche des objectifs plus ambitieux et une mesure plus large de l’impact environnemental d’un programme. Quelques exemples :

 

  • Le bâtiment passif – produisant autant d’énergie qu’il en dépense – devient la norme. Le bâtiment à énergie positive (BEPOS) est même encouragé.
  • Certaines consommations, comme les appareils ménagers ou les ordinateurs, sont intégrées aux calculs énergétiques pour se rapprocher de la prise en compte des usages des occupants.
  • Enfin, il ne s’agit plus d’être énergétiquement sobre à tout prix, puisque la production de gaz à effets de serre (bilan carbone) des matériaux et procédés de constructions utilisés est prise en compte. On ne peut donc pas limiter les déperditions en ayant un recours excessif à des isolants polluants, qui viendraient « griser » le bilan environnemental du bâtiment.

 

Plusieurs programmes sur lesquels travaille Récipro-Cité bénéficient d’ailleurs de labels environnementaux. Le Pyramidion (2015), siège du projet Chers Voisins Lieusaint est à énergie positive (BEPOS). La résidence Cocoon’Ages de Clermont-Ferrand la Grande Plaine a quant à elle reçu le label E3-C2, qui est exigeant, tant sur la sobriété énergétique que sur son bilan carbone.

 

 

Accompagner les usages pour concrétiser les économies d’énergies

 

On va donc vers des programmes de plus en plus « propres », et l’évaluation de cet impact environnemental se trouve élargi en amont – bilan carbone de la construction – comme en aval – usages dans la résidence livrée. Sur ce dernier point, c’est d’ailleurs un premier pas, qu’il faudrait poursuivre. Les ponts entre qualité environnementale et qualité d’usage d’un bâtiment sont nombreux, à commencer par l’impact environnemental réel d’un immeuble en fonctionnement.

 

En effet, un bâtiment exemplaire sur le papier peut s’avérer inefficace si les équipements sont mal utilisés. Ce phénomène est déjà connu depuis plusieurs années, et est venu écorner le bilan des bâtiments basse consommation, avec parfois une explosion des charges, en particulier du chauffage. Dans le viseur, les ventilations mécaniques (VMC) bouchées, fenêtres laissées ouvertes plusieurs heures, coûts d’entretiens multipliés à la suite de mauvaises utilisations. Le point commun de toutes ces pratiques ? Elles peuvent être fortement réduites par un accompagnement adéquat des occupants au cours des premiers mois de vie de la résidence. Cet accompagnement, qui s’adresse bien évidemment aux résidents de tous profils, semble exister sur deux niveaux.

 

Le premier, le plus évident, est de former les futurs habitants à la bonne appropriation du fonctionnement de leur lieu de vie. Cela peut passer par une présentation collective des choix de conception, par un accompagnement à l’usage des équipements prévus, par une sensibilisation à la démarche écologique du projet.

 

Le second, plus vertueux, est de donner aux futurs résidents les outils pour mettre en œuvre des projets à impact écologique positif. Ouvrir une friperie solidaire locale, mettre en œuvre un compost collectif, ou encore développer l’autopartage ne va pas rendre votre bâtiment plus propre sur le papier, mais aura un impact réel plus important qu’une isolation high tech mais mal utilisée.

 

 

Accroître la durabilité en faisant les bons choix de conception

 

Cela étant, la question de la place des usages ne se pose pas uniquement une fois que le programme est livré et habité. Un volet important du calcul de l’impact carbone d’un programme consiste à évaluer l’empreinte des matériaux de construction et du chantier. A ce stade, on pourrait se demander quel rôle les usagers du site peuvent bien avoir. Et pourtant une construction durable, au sens premier du mot, une construction qui peut durer, fonctionner plus longtemps qu’une autre, permet d’alléger ce bilan. Construire reste coûteux pour l’environnement : s’assurer de la pérennité d’un programme, c’est retarder d’autant une démolition, une réhabilitation ou une reconstruction au prix environnemental fort.

 

Au-delà de l’accompagnement de démarches humaines qui ont un impact positif sur l’appropriation, comme évoqué précédemment, on peut très tôt dans un projet immobilier faire en sorte de livrer un lieu de vie qui correspond aux attentes des futurs usagers. Quel impact carbone cela aurait-il de déterminer par avance qu’on a besoin de 20 garages et non 50 sur un projet ? De dimensionner des jardins à la mesure de la participation ? Ou encore d’anticiper sur un équipement domotique qui, finalement, n’intéresse pas les futurs résidents ?

 

Toutes ces pistes pour dépasser une vision parfois trop « béton » de la performance énergétique et carbone, devraient pour autant être valorisées à juste titre dans un projet immobilier. Les cahiers des charges évoluent, et les usages commencent à prendre de l’importance dans cette évaluation d’impact. Nous avançons lentement mais sûrement vers une démocratisation de la Maîtrise d’Usage.

 

 

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